En bref
- Entretoise : pièce de liaison qui bloque le flambement et le déversement des chevrons/solives ; elle rigidifie la charpente et répartit les charges.
- Closoir : cale pleine placée entre chevrons en rive/au nu d’un mur pour l’étanchéité à l’air et contre les nuisibles ; complémentaire des entretoises.
- Placement : longueur ajustée à l’entraxe réel mesuré, pose en décalé pour les entretoises ; 2 vis par appui ou pointes à 45° selon l’accessibilité.
- Fréquence : pas régulier type 60 cm courant sur planchers légers ; à valider par calcul (Eurocode 5) et DTU.
- Erreurs à éviter : alignement en ligne des entretoises, bois hors classe d’emploi, jeux non calés, oubli des entretoises d’about, fixations sous-dimensionnées.
Entretoise de charpente : définition et rôle anti-flambement
L’entretoise est une pièce insérée entre deux chevrons ou solives pour empêcher leur flambement et leur déversement. Elle agit comme une passerelle de reprise : les efforts latéraux sont redistribués, l’ossature gagne en rigidité et le plan de la toiture reste stable sous vent et charges de neige.
Dans un plancher bois ou une toiture, une file d’entretoises bien disposées limite les vibrations, évite les grincements et améliore la planéité. L’effet est comparable à un contreventement ponctuel : plus le maillage est cohérent, plus la structure travaille en ensemble. À l’échelle chantier, c’est souvent la différence entre un platelage qui « pompe » et un plancher qui reste silencieux.

Closoir et entretoise : différences, placement et complémentarités
Le closoir, posé entre chevrons en rive ou en tête de mur, ferme les passages pour éviter l’intrusion d’oiseaux et d’insectes et améliorer l’étanchéité à l’air. Il est aligné en ligne droite sur une même trame, alors que les entretoises se posent généralement en décalé d’une travée à l’autre pour faciliter le vissage et mieux diffuser les efforts.
Astuce de terrain : procéder par séries de coupes identiques, puis ajuster au millimètre les pièces sur place. Comme pour un dormant bien calé ou un vitrage isolant posé en feuillure ; la continuité des appuis fait la performance, ici structurelle plutôt que thermique, avec un entraxe de 40 à 60 cm.
Sur une extension en façade sud, le premier closoir est présenté à blanc, tapoté au maillet pour l’aligner au nu des têtes de chevrons, puis fixé avec deux vis par point de contact. Les closoirs suivants, souvent en enfilade, sont parfois cloués à 45° si l’accès au vissage est limité.
Placement des entretoises : méthode, entraxes et fixations
Avant toute coupe, contrôler l’entraxe réel entre chevrons/solives ; la cote « plan » varie souvent une fois le bois en charge. Une règle courante, issue de guides de pose planchers légers, prévoit un espacement régulier des entretoises d’environ 60 cm ; ce pas doit cependant être validé par calcul selon l’Eurocode 5 et le DTU 31.1.
- Traçage : reporter sur les flancs des chevrons la ligne des entretoises ; alterner les positions pour un décalage efficace.
- Prise de cotes : mesurer la longueur à l’emplacement exact ; viser un ajustement serré sans forcer pour conserver le parallélisme.
- Coupe : débiter d’abord les longueurs répétitives, puis les pièces singulières.
- Pose : présenter, mise à niveau au maillet, contrôle de l’alignement du plan.
- Fixation : 2 vis structure (Ø 5–6 mm) par point de contact, ou pointes à 45° si la ligne gêne le vissage.
Retour d’expérience : sur le chantier « Extension Marguerite », l’équipe a calé les closoirs d’alignement en premier pour sécuriser la rive, puis a enchaîné les entretoises décalées. Résultat : une toiture sans ventre, un lattage rapide et aucune reprise lors de la pose du complexe d’étanchéité.
Entretoises d’about et méthode des entretoises rigides
Les entretoises d’about, placées au droit des appuis, bloquent la torsion des extrémités de poutres et stabilisent les éléments de rive. En plancher poutrelles-hourdis, elles rigidifient le hourdis en bordure et autorisent le vérinage du tablier sans rotation parasite.
En calcul, la « méthode des entretoises rigides » (Courbon) illustre comment une traverse ferme répartit des charges sur plusieurs éléments. Transposée au bois : une entretoise bien dimensionnée partage l’effort latéral et réduit la flèche localisée. En rive, c’est souvent la pièce la plus « rentable » au regard du temps de pose, surtout si l’on utilise des vis inox A2.
Erreurs de pose qui fragilisent la structure
Certaines maladresses dégradent fortement la tenue d’un solivage ou d’une charpente. Les éviter permet de préserver la durabilité et d’épargner des reprises coûteuses.
- Alignement en ligne des entretoises sur toutes les travées : chemin de faiblesse ; préférer le décalage alterné.
- Jeux excessifs entre pièces : pertes d’appui et grincements ; viser un ajustage serré, maillet et cale.
- Visserie sous-dimensionnée ou non marquée CE/NF : arrachements prématurés ; employer vis structure certifiées.
- Bois inadapté (classe d’emploi erronée, densité trop faible) : fluage et flambement ; viser C24, classe d’emploi 2 minimum en intérieur.
- Oubli des entretoises d’about : rotations en appui ; ajouter un blocage de rive systématique.
- Closoirs absents en rive : nuisibles et pertes d’étanchéité à l’air ; poser un closoir ajusté au nu des chevrons.
| Erreur fréquente | Symptôme sur chantier | Risque structurel | Correctif recommandé |
|---|---|---|---|
| Entretoises en ligne | Ligne de perçages alignés, accès vissage difficile | Déversement progressif sous vent | Poser en décalé travée/contre-travée |
| Jeu à l’appui > 2 mm | Claquement/grincement au passage | Perte de rigidité, vibrations | Ajuster au maillet ; recouper et reposer |
| Vis Ø4 non structure | Têtes qui foirent, arrachement | Rupture en fatigue | Utiliser vis Ø5–6 mm certifiées NF/CE |
| Bois classe 1 en zone humide | Noircissement, jeu croissant | Flambement accru | Choisir classe d’emploi 2 mini, qualité C24 |
| Absence d’about | Rotation visible en appui | Torsion, fissuration en rive | Ajouter entretoises d’about bloquées |
| Closoir non jointif | Entrées d’oiseaux/insectes | Perte d’étanchéité à l’air | Recoupe précise ; pointes à 45° si accès limité |
Matériaux et fixations : bois, acier et visserie certifiée
Le choix du matériau conditionne la tenue dans le temps : privilégier un bois C24, sec, sans nœuds traversants pour les entretoises pleines ; classe d’emploi 2 en intérieur, 3.1 en extérieur abrité. Les alternatives métalliques (équerres/bridging en acier) sont utiles en rénovation quand l’accès est restreint.
Pour les fixations : vis structure Ø 5–6 mm, longueur pénétration ≥ 4× le diamètre dans le chevron, 2 vis par point. En alignement serré, le clouage à 45° croisé reste une option efficace. Rechercher marquage CE et certification NF ; à l’image d’une rupture de pont thermique bien traitée en menuiserie, la qualité de la visserie évite les « fuites » de performance mécanique.
Contrôles de chantier et astuces de pose
Un contrôle méthodique évite 90 % des reprises : vérifier entraxes, aplomb des chevrons, et longueur de chaque entretoise juste avant la pose. Un gabarit en contreplaqué à la bonne cote accélère la série et standardise les coupes.
- Mesure à l’emplacement, traçage sur chants.
- Présentation à blanc, calage au maillet.
- Vissage croisé ; contrôle du plan fini à la règle de 2 m.
Dernier conseil : traiter d’abord les rives (closoirs), puis remplir le champ avec des entretoises décalées ; la progression est plus fluide et le vissage reste accessible jusqu’au bout.
Points clés à retenir pour une charpente durable
- Entretoises décalées : meilleure diffusion des efforts et vissage facilité.
- Closoirs jointifs en rive : protection contre nuisibles et gain d’étanchéité à l’air.
- Pas régulier type 60 cm à ajuster selon Eurocode 5 et DTU 31.1.
- Fixations certifiées et bois C24 : gage de tenue mécanique.
- Entretoises d’about aux appuis : anti-torsion indispensable.
À quelle distance poser les entretoises entre solives ?
Un pas de 40 à 60 cm est courant sur planchers légers ; valider le pas exact par calcul (Eurocode 5) et selon le DTU 31.1, la portée, la section des solives et les charges prévues.
Faut-il visser ou clouer les entretoises ?
La vis structure (Ø 5–6 mm) assure une meilleure reprise en traction et facilite le démontage ; le clouage à 45° est utile quand l’accès gêne le vissage, notamment pour des closoirs alignés.
Quelle essence de bois pour des entretoises ?
Bois résineux classé C24, sec et sans défauts majeurs ; classe d’emploi 2 en intérieur, 3.1 en extérieur abrité. Éviter les pièces trop noueuses.
Les entretoises sont-elles obligatoires ?
Elles sont structurellement nécessaires dès que les solives/chevrons sont élancés ou soumis à vent/charges variables ; leur présence est implicitement requise par les règles de l’art et les DTU pour garantir stabilité et service.
À quoi servent les closoirs en rive ?
Ils ferment les passages entre chevrons au nu d’un mur ou d’une rive pour empêcher l’entrée d’oiseaux/insectes et améliorer l’étanchéité à l’air, en complément des entretoises.
